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Le soleil était au cœur des CosmeticDays, les 1 & 2 décembre 2016 à Marseille

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Les Cosmeticdays ont eu lieu les 1 & 2 décembre à Marseille, au parc Chanot. Ce congrès scientifique, technique et réglementaire était dédié à la protection solaire. Les participants étaient nombreux.

Nous avons eu l’opportunité d’assister à la première journée de ce congrès qui était très riche en enseignements sur la lumière et ses effets sur la peau. En effet, le soleil est responsable de plus de 90% du vieillissement cutané. Si l’intensité de radiation solaire est différente en fonction de la région où l’on habite, elle n’en est pas moins néfaste.

Il est intéressant de noter que tous les acteurs présents ont démontré les effets néfastes du soleil sur la peau. Toutes les longueurs d’ondes de lumière causent des dommages. La protection est dès lors indispensable !

Vous trouverez ci-dessous les différents speakers de la journée et leurs messages clés.

La journée a commencé par un discours de Jean-Marc Giroux, président de Cosmed, pour introduire les deux jours de congrès et accueillir les nombreux intervenants de cette première journée.

 

Celle-ci a été initiée par une présentation de Bhaven Chavan de Croda. Il a expliqué les effets de la lumière solaire sur la peau. Une nouvelle technique est utilisée par Croda, l’ESR (résonance paramagnétique électronique), sur les modèles de peau et leurs cellules. Les différents types de cellules réagissent différemment aux différentes longueurs d’ondes aux niveaux nucléaires et mitochondriaux. Toutes les longueurs d’ondes de lumière causent des dommages. Une protection efficace consiste donc à se protéger contre toutes les longueurs d’ondes.

 

Serge Mordon de l’Inserm a enchainé en présentant les effets de l’émission infrarouge sur la peau. Les infrarouges ont des effets délétères car ils produisent des stress oxydatifs et le photovieillissement de la peau. Seuls les infrarouges A pénètrent profondément dans la peau. Il est cependant le seul à avoir mentionné les effets bénéfiques possibles des infra-rouges via deux techniques différentes.

C’est le cas de la photobiomodulation avec notamment l’utilisation d’appareil à LED. Pour avoir un effet sur une cellule, il faudrait toujours la même énergie. Cependant, Serge Mordon soulève qu’il y a rarement de notion de dose dans l’utilisation de la photobiomodulation et que la dose efficace est encore mal définie.

La deuxième théorie mise en avant par  Serge Mordon est la présence dans la peau de photo-récepteurs sensibles aux longueurs d’ondes. Ces photorécepteurs seraient plus ou moins sensibles en fonction des ondes et des heures de la journée. A 6h du matin, beaucoup plus d’infrarouges sont réceptionnés alors qu’à midi, la peau absorbe plus d’UVB.

La photoprévention consiste ainsi à graduer et à séquencer la pose de filtres spécifiques sur la peau, en fonction du type d’ondes, UVB, UVA, infrarouge, mais aussi en fonction de l’heure d’exposition, concept intéressant à creuser pour les marques de crèmes solaires…

 

Nadine Martinet de l’Inserm a quant a elle remis en avant les effets néfastes du soleil avec pour conséquence les photo-lésions de l’ADN. Différentes ondes touchent différentes parties de la peau. Les UVB ne vont pas très en profondeur, restant au niveau de l’épiderme. Les UVA touchent le derme. Les UVC, quant à eux,  ne passent pas la couche d’ozone.

Dans tous les cas, ces UV causent des lésions de l’ADN. 

 

Mathieu Bey de Greentech a présenté les principes de protection des micro-organismes face au soleil, eux aussi sensibles aux ondes lumineuses. Face au soleil, ces micro-organismes ont développé des stratégies de photoprotection telles que la synthèse de protéines, des mécanismes de réparation de l’ADN, la migration ou encore l’organisation en biofilms en se regroupant. Certains micro-organismes font preuve de créativité. Les cyanobactéries utilisent la lumière pour créer de l’énergie par exemple. Les scytonémines absorbent les UVA.

Les micro-organismes vivant dans un environnement extrême arrivent à développer des mécanismes de protection. C’est le cas des halophiles qui vivent dans un environnement fortement salin. Ces micro-organismes sont fort intéressants et donnent des idées pour des applications en matière de protection cutanée. Les stratégies employées sont variées et les composés bioactifs pour les applications cosmétiques comprennent les acides aminés mycosporine-like, les pigments ou encore les polyphénols.

 

Le Dr Estelle Loing de chez Lucas Meyer Cosmetics a mis en avant la protection infrarouge.

Après un court résumé des avancées faites en matière de soleil et ondes de lumière sur les dernières années, le Dr Estelle Loing a présenté un ingrédient pour protéger la dégradation des fibres, l’extrait de Polygonum aviculaire. Celui-ci permet de réduire la profondeur des rides et augmente la fermeté et l’élasticité après un mois d’application sur des volontaires surexposés au soleil. Cet extrait inhibe l’activité enzymatique de la Cathepsine G, responsable de l’altération de la matrice extracellulaire dermique.

 

Hervé Groux d’Immunosearch a présenté SENS-IS,  un test in vitro développé pour remplacer les tests de sensibilisation actuels, à la fois utilisable pour des mélanges et des produits finis. Il utilise un modèle d’épiderme humain reconstruit 3D (Episkin) et l’analyse de l’expression d’un important groupe de gènes.

Ce test est en cours d’étude avec un CRO sur des produits finis. Il pourrait s’avérer une bonne alternative au HRIPT qui devrait être bientôt interdit. Il serait utilisable afin dévaluer la phototoxicité.

 

Charareh Pourzand de l’Université de Bath a présenté les chélateurs de fer en tant que nouvelle voie pour la protection UVA.

Ces molécules chélatrices du fer sont intéressantes à plusieurs niveaux, notamment contre les dommages oxydants infligés par UVA. Charareh Pourzand travaille aux modifications de ces molécules pour les rendre plus ciblées, plus efficaces et sans dommages collatéraux. Une nouvelle molécule chélatrice de fer a donc été synthétisée par l’Université de Bath pour une action ciblée sur la mitochondrie en protégeant les cellules des actions nocives des UVA.

Malheureusement, la réglementation européenne empêche l’utilisation de ce type d’ingrédients donc il n'est pas possible de l’utiliser en cosmétique

 

Stéphanie Acker de BASF a poursuivi avec les boosters, inhibiteurs et stabilisateurs, des « astuces » précieuses pour obtenir de meilleures performances en terme de protection solaire.

Pour optimiser l’efficacité des produits solaires, il existe différentes solutions pour booster les fonctions SPF dans un produit. C’est le cas de la protection de deux phases d’une émulsion, l’utilisation de filtres particulaires pour diffracter le rayonnement ou encore l’homogénéité et l’épaisseur d’une formule directement corrélés à l’indice de protection.

 

Marc Dolatkhani de Polymerexpert a présenté quant à lui des polymères innovants qui changent de formes, de couleurs, etc.

A l’origine développés pour des collyres, ces polymères thermogélifiants permettent d’homogénéiser la formule à l’application (versus une formule solide). Présent sous forme liquide à température ambiante, ils se gélifient quand la température augmente. Ils sont particulièrement adaptés aux émulsions solaires huile dans eau et permettent un stabilisation des formules et de booster le SPF en raison d’un meilleure répartition des filtres dans la formule.

L’association de ces polymères avec un filmifiant insoluble dans l’eau conduit à une résistance à l’eau nettement améliorée. Le dépôt se fait par couche plus épaisse sur la peau, de ce fait, le consommateur utilisant plus de produit à chaque utilisation est mieux protégé.

 

Cette journée a été riche d’enseignements et a été suivie d’une deuxième journée tout aussi riche !

 

Delphine RAYMOND

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